Lors d’une infection par le VIH, celui-ci se multiplie dans les cellules immunitaires, notamment les lymphocytes T CD4, entrainant le plus souvent leur destruction. Mais, dans un très faible pourcentage de cellules infectées, le virus reste dormant, intégré dans le génome de la cellule hôte. Ces cellules infectées par le virus dit « en latence » sont mal reconnues par le système immunitaire et constituent un réservoir de virus inaccessible aux traitements anti-rétroviraux. Elles sont responsables du rebond de la maladie dès que l’on stoppe le traitement, ce qui fait de leur élimination un enjeu majeur de la recherche.
Dans une étude parue le
premier mai 2019 dans Plos Pathogens, soutenue par l’ANRS et menée à l’initiative de Marianne Mangeney et Georges Bismuth de l’Institut Cochin (Inserm UMR U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes), il a été montré
in vitroqu’un régulateur clé des lymphocytes T appelé FOXO1 (un facteur de transcription, c’est à dire un composant cellulaire qui active l’expression de gènes) contrôle cet état de latence et que l’inhibition de ce régulateur par un composé pharmacologique spécifique réactive le VIH-1 dans ces réservoirs. Ces résultats ont été confirmés
ex vivo dans des lymphocytes T de macaques infectés par le SIV (l’équivalent simien du VIH) sous traitement antirétroviral (issus de la cohorte ANRS SIVART). L’emploi de cette molécule, utilisée seule ou en association avec d’autres agents pharmacologiques dans le contexte d’une stratégie dite de « shock and kill » consistant à « réveiller » le virus afin de l’éradiquer, ouvre ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques pour l’élimination des réservoirs du VIH-1.
Source :
FOXO1 transcription factor plays a key role in T cell – HIV-1 interaction, Roux A., Bismuth G., Mangeney M. et al., Plos Pathogens.
https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1007669